Moins, c’est plus : Le pouvoir de la concentration dans les stratégies de développement durable

Avec de nouvelles normes, réglementations et cadres qui inondent chaque jour le discours sur le développement durable, cela peut vite devenir bruyant. Les entreprises ont du mal à suivre et finissent par adopter des stratégies étendues et globales pour couvrir leurs besoins. Mais est-ce que le fait de s’attaquer à tout mène à un impact réel ? Certains des leaders les plus performants en matière de développement durable nous disent que parfois, moins, c’est mieux.
L’analyse de matérialité de DHL donne la priorité à seulement six sujets clés et aux indicateurs de performance associés à chacun d’entre eux : les émissions de GES, l’engagement des employés, la santé et la sécurité au travail, la diversité et l’inclusion, la conformité et la cybersécurité. L’entreprise s’apprête à affiner encore davantage cette priorité dans son rapport pour l’exercice 2024, afin de s’assurer que ses efforts en matière de développement durable restent stratégiques et efficaces.
Cette approche s’aligne sur le concept évolutif de la double matérialité, qui met l’accent sur l’identification des questions de durabilité les plus critiques en fonction du contexte spécifique de l’entreprise et des préoccupations des parties prenantes. Plutôt que d’aborder tous les sujets ESG possibles, les entreprises sont encouragées à se concentrer sur les domaines dans lesquels elles peuvent avoir l’impact le plus significatif.
Notamment, dans son paquet “Omnibus” très surveillé, la Commission européenne a choisi de conserver l’approche du double rapport de matérialité, avec d’autres plans de révision de l’ESRS dans le but de réduire considérablement le nombre de points de données requis par les normes de rapport de durabilité.
Univers adopte cet état d’esprit dans sa propre double évaluation de matérialité pour l’année de reporting 2024, en identifiant quatre domaines d’intervention clés : l’atténuation du changement climatique, l’énergie, la corruption et les pots-de-vin, et les impacts liés à l’information pour les consommateurs et les utilisateurs finaux. En affinant ses priorités, Univers maximise son impact là où il compte le plus – grâce à ses solutions commerciales d’IA, jouant un rôle essentiel dans la décarbonisation mondiale, permettant aux clients de réduire plus de 400 millions de tonnes d’émissions – un impact près de 40 000 fois supérieur à sa propre empreinte opérationnelle.
De même, Unilever a récemment rationalisé sa stratégie de développement durable en réduisant ses indicateurs clés de performance (ICP) de plus de 50 à un ensemble plus ciblé. Les critiques ont craint que cela ne simplifie à l’excès des questions complexes ou ne laisse de côté des domaines d’impact essentiels. Toutefois, Unilever maintient qu’un objectif plus précis permet une action plus efficace.
Cette évolution vers une stratégie de développement durable plus ciblée ne consiste pas seulement à simplifier pour le plaisir – elle présente des avantages tangibles. Une approche ciblée aide les entreprises de plusieurs manières :
- Clarté des objectifs: les équipes peuvent s’aligner sur les priorités et se concentrer sur l’exécution.
- Allocation efficace des ressources: Les entreprises peuvent affecter leurs ressources là où elles ont le plus d’impact.
- Une meilleure communication: Des indicateurs simplifiés facilitent la communication sur les progrès accomplis et favorisent la confiance.
- Adaptabilité: Une approche moins alambiquée permet aux organisations de pivoter plus facilement en réponse à des conditions changeantes.
Le PDG sortant d’Unilever, Hein Schumacher, s’est exprimé sans équivoque sur le fait que le nouveau plan était “réaliste et sans complexe”, qu’il avait “beaucoup appris sur ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas (au fil des ans)” et qu’il “prévoyait d’utiliser cette expérience […] pour concentrer nos efforts là où nous pouvions avoir l’impact le plus positif”. Compte tenu de sa longue histoire et de l’adoption précoce de stratégies durables, qui peut être considéré comme mieux qualifié qu’Unilever pour tirer cette conclusion ?
Dans un monde où les attentes en matière d’ESG ne cessent de croître, les entreprises risquent de se disperser. Les entreprises qui s’efforcent de jouer un rôle de premier plan dans le domaine du développement durable peuvent tirer des leçons de ces exemples : au lieu d’essayer de tout faire, il faut identifier ce qui compte vraiment. En se concentrant et en simplifiant les mesures, les organisations améliorent non seulement leur impact sur le développement durable, mais renforcent également leur capacité à conduire des changements significatifs sur le long terme.
Concentrez-vous sur des initiatives de développement durable moins importantes mais ayant plus d’impact. Parfois, moins, c’est vraiment plus.


